Les cours du pétrole se sont légèrement repliés mercredi à New York, repassant timidement sous la barre des 100 dollars le baril sous l'impact d'une hausse des réserves américaines de brut, alors que le seuil des 102 dollars le baril a été dépassé pour la première fois.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en avril a clôturé en baisse de 1,24 dollar à 99,64 dollars, au lendemain d'un record de clôture à 100,88 dollars.
Lors des échanges électroniques ayant précédé la séance du Nymex, le prix du brut a inscrit un nouveau record absolu, à 102,08 dollars le baril, parallèlement à une chute à des niveaux historiquement du dollar face à l'euro, qui a inscrit un record à 1,5144 dollar.
La perte de valeur du billet vert, qui renforce le pouvoir d'achat des investisseurs détenant d'autres devises, s'est ajouté à une conjonction d'autres éléments haussiers: des tensions géopolitiques au Nigeria et dans le nord de l'Irak, une vague de froid aux Etats-Unis, l'approche de la prochaine réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ou encore une arrivée en masse des fonds spéculateurs sur le marché.
Mais les chiffres hebdomadaires du Département américain sur l'Energie (DoE) sur les stocks pétroliers des Etats-Unis, publiés mercredi, ont quelque peu calmé l'ardeur du marché.
Pour la septième semaine consécutive, les réserves de brut ont progressé, s'étoffant de 3,2 millions de barils. Les réserves d'essences ont gagné aussi 2,3 millions de barils.
"Ces chiffres sont très baissiers. La plupart des réserves américaines sont maintenant proches de la normale", a commenté James Williams, analyste de WTRG Energy.
Seuls les stocks de distillats (gazole et fioul de chauffage) se sont réduits de 3,5 millions de barils. "Mais c'est normal en hiver", a rappelé l'analyste.
Le repli du marché, après de tels sommets, a toutefois été limité. Le rapport du DoE "n'a pas eu beaucoup d'impact, car avant une réunion de l'Opep, il y a toujours beaucoup d'incertitudes", a expliqué M. Williams.
Le cartel pétrolier, qui fournit 40% de l'offre mondiale de pétrole, doit réexaminer le niveau de ses quotas officiels de production lors d'une réunion le 5 mars à Vienne et le marché craint qu'il ne décide de réduire sa production, par anticipation d'un ralentissement de la demande énergétique.
"Mais avec un baril à 100 dollars, l'Opep ne va certainement pas réduire ses quotas", a prédit M. Williams.